En direct du zoo de Beauval!
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En direct du zoo de Beauval!
Je devine dans vos yeux pleins d'intolérance
La rancoeur de nos moindres defaillances :
Ce regain de puissance que vous procure la critique
Mais que vous niez par pur soucis d'éthique
Vous dénigrez tout ce qui fait notre signature
Bon gré mal gré, pour le plaisir de paraitre
Mais loin de vous l'idée de nous avoir à l'usure
Vous y perdrez, tant de proies sont à compromettre
Mais prenez garde je pourrais bien faire basculer
Ce piedestal qui vous maintient au sommet
Ce stratagème qui compense votre manque de grandeur
Peut être aussi instable que mes sautes d'humeur
Et votre bras long ne vous sera d'aucun secours
Pour vous agripper à mon gant de velours
Il n'y a qu'aux dominos que la chute se fait en cascade
Vous ne m'entrainerez pas dans votre débandade
Telle est la conséquence de pavaner dans la cour des grands
Avec un accoutrement que vous seuls croyez bluffant
Moi mon déguisement réside en mon unique armure
Où vos dents longues et dures se rayent sans démesure
Brebis perverties qui appréciaient les bains de boues,
Ne vous sentez pas salies si je vous passe ce "savon"
Puisse-t-il vous nettoyer de cet orgueil qui vous souille
Ou vous faire trébucher pour vous rendre toute votre raison...
2008
Petite, on m’a enseigné l’utilité d’apprendre à tracer sa route, maîtriser son destin en limitant les sinuosités pour ne pas sombrer dans la déroute… J’ai donc opté
pour mon crayon le plus affûté et sorti mon bloc de papier mais les feuilles de celui-ci comportaient bien trop d’aspérités sur lesquelles la mine de mon crayon à papier se heurtait sans cesse,
l’obligeant à dévier sa trajectoire de plus en plus hésitante…jusqu’au jour où la mine, sous pression se brisa…premier accident de parcours qui me mina en partie…Le taille-crayon m’octroya
une seconde chance, celle de repartir sur les sentiers battus pour poursuivre mes premiers balbutiements artistiques.
Mais face à mes gribouillis juvéniles ma mère me mit en garde et me fit don d’une gomme. « Il faut rebrousser chemin, tracer de nouveaux contours, détruire pour reconstruire sinon tu fileras
droit au point de non retour ». Devant de telles recommandations, je m’exécutai mais je ne parvins pas à effacer ma trajectoire ancienne. J’avais en effet mis trop d’espoir et de force dans
le tracé de celle-ci et sa dissolution laissait des sillons de profondeurs variables à même le papier, comme autant de marques de cicatrices que le temps ne parvenait à effacer… Il fallait
dorénavant contourner ces fossés, ces crevasses sans issue et opter pour un nouveau chemin de vie.
Ne voulant replonger dans les mêmes difficultés, je décidai d’opter pour une trajectoire plus circulaire en évitant de remettre les pieds là où mes expériences passées m’avaient entraînée. Mais
progressivement l’insouciance de ma route zigzagant sans but bien précis, telle une feuille virevoltant au gré d’un vent de plus en plus soutenu, se transforma en véritables dents de scie, sans
que je ne parvienne à en arrondir les angles. J’étais alors soumise à des hauts et des bas dont l’amplitude sans cesse croissante me fit perdre le contrôle de ma vie. Ces montagnes russes
impulsives finirent par ébranler définitivement ce qui me restait de stabilité et ma mine se fractura à maintes reprises m’obligeant à la tailler, à la tailler sans cesse jusqu’à l’usure
prématurée…
Les années avançaient, mon crayon rapetissait et ma page ressemblait toujours à un vaste champ de batailles fait d’impacts et de ruptures…Devant la taille misérable de mon crayon à bout de
souffle et la menace du temps qui passe, je n’avais plus le droit à l’erreur, il me fallait faire jaillir de cette vie quelque chose de continu, d’harmonieux, au moins jusqu’à son arrêt net…je
consentis à me calquer sur mes voisins dont les destinées, certes d’une monotonie accablante avaient au moins le mérite de bénéficier d’un tracé propre sans encombres loin du brouillon de
traits sans équivoque qui me servait de support…
Par transparence, munie de ma feuille de calque, je répliquai méticuleusement leur chemin de vie passé au crible afin d’en obtenir une « radiographie » exploitable. Bien mal m’en fit
quand je consentis à la reproduire sur ma feuille. Mes doigts maladroits souillèrent le tracé du calque, estompant ses contours parfaits et mes minces espoirs à jamais enterrés… Dans un élan de
découragement, j’envoyai valser calque et papier et m’acharnai sur le ridicule morceau de crayon, l’unique responsable du flou artistique dans lequel je me mouvais depuis des lustres. J’éventerai
le malheureux pour le rendre inutilisable afin de condamner définitivement tout nouvel exercice de traçage foireux, qui à chaque fois me conduisait bon gré mal gré dans le mur.
Je compris que je ne pouvais être maître de ma vie et en dicter les contours, je consentis à capituler pour laisser le destin s’en approprier. Ne plus vivre dans la hantise d’un mauvais pas, plus
de convention, plus de chemin pré-établi, juste la légèreté de se retrouver chaque jour face à soi même et de tendre les mains pour récolter ce que la vie nous offre…
La vie m’avait offert la liberté et je ne le compris définitivement que quelques temps après lorsque j’aperçus au loin dans le recoin de ma chambre un dessin que je
n’avais pas le souvenir d’avoir réalisé. En me rapprochant de cette feuille orpheline la forme nette que j’avais cru reconnaître se brouilla pour ne plus en distinguer qu’un amas de traits, de
vagues qui, bien que familiers n’avaient à présent plus aucune signification ...ou presque… Le lâcher-prise avait du bon et durant toutes ces années il m'aurait juste fallu prendre du
recul sur ma vie, sur cette feuille pour déchiffrer le message qu'elle me renvoyait avec de plus en plus de force et de violence. Aujourd'hui j'avais pu distinguer les contours d’une oeuvre de
liberté insoupçonnée dont j'étais pourtant l'auteur, le tracé d’une colombe…. Le tracé de ma destinée…
Et de cette histoire naquit un enseignement:
A vouloir sur la vie exercer ton emprise
Tu fais de celle-ci ta hantise
A l'avenir ne retiens qu'une seule devise
Celle qui t'incite à lâcher-prise...
2008
Je me mets à la couleur...en dessinant quelque chose de triste!
Communauté Overblog "Ecriture ludique". Cet exercice consiste à écrire (prose ou poésie, biographique ou non, "littéraire" ou "de réflexion") sur le thème, vaste s'il en est, de la page
blanche.
Tu te présentes à moi en toute intimité, vierge de tous mots (maux) et authentique, dans ta blancheur immaculée. Et moi armée de ma plume dégarnie
par le flot des années, je m’interroge sur ton sort : Vais-je faire de toi un brouillon d’idées malfamées qui finira oublié dans le fond d’un tiroir, sorte de caveau à pensées stériles ou
parviendras-tu à ériger ma potentielle renommée ? Serait-ce trop te demander… Depuis des siècles, on te griffonne avec hargne, passion et dérision, toi jadis parchemin porte-parole du Savoir
tant vénéré… Quelle sera ma contribution au Livre de la connaissance dont tu es le Messager ?
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